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 Duality

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Alexis Kane
The Man That You Fear
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MessageSujet: Duality   Lun 12 Juil - 4:55

Il y avait cette petite lueur indescriptible dans ces yeux, cette étincelle qui ne brille jamais sous l'éclair vif et éclatant de la lumière du jour solaire. Une étoile sombre et déchue, glissant dans les creux de ce voile que lui-même a forgé de ses mains, de son corps, de son âme. La nature ne pouvait la décrire, sans identité, sans réalité, une ignorance totale face à sa présence. Même lui ne pouvait justifier avec la plus acérée des exactitudes le pourquoi de ce comment. Une émotion, un sentiment? Un mensonge si bien incarné serait-ce de dire ce pressentiment est du niveau humain. Une envie, une obsession? Des outils abstraits manipulant avec le plus grand soin quelconque esprit se présentant à eux, rien de plus, rien de moins. Il ne s'abaisserait pas à un stade aussi reculé dans l'échelle. Confirmons cette présence comme un état d'âme qu'on ne peut expliquer par les mots parlés ou écrits. Cette chose, cette réalité surnaturelle, brillait d'un feu sombre et glacial, aucunement naturel, aucunement accomodant. La flamme danse et vascille mais gagne en intensité à chaque instant, à chaque grain de sable du sablier écoulé. Un peu plus vers la fin à chaque instant, un peu plus éloigné du commencement. L'incertitude, le doute, le visage caché de l'oeil humain, le conduit qui se relit directement à l'inconscience si bien consciente de son pouvoir. Une âme criante, hurlant ses plus douloureuses mémoires, une noire pureté absolue, simple symbôle de l'ultime vérité. Le message silencieux qu'il voulait faire passer à la génération présente était d'une incompréhensible structure tellement elle était complexe et élaborée dans ses pensées. Pourtant, c'était le sens logique de son existence qu'il défendait avec tant de volonté et d'assurance. Il serait le seul à comprendre, et en fait, cette simple réalisation ne le dérangeait aucunement...

La fin de soirée enveloppait déjà de toute sa superficie la grande région de New York. Une atmosphère mystérieuse se faisait une place et la glaciale soufflée du vent nocturne avait de quoi donner des frissons à n'importe qui mais pas à cet être sombrement vêtu et au regard vide mais puissant. On sait le reconnaitre de partout, c'est bien Alexis Kane revêtant un long et grand manteau noir recouvrant la presque totalité de son corps. Assis sur un bloc de béton longeant une route déserte et oubliée, il avait les bras croisés et il attendait que le temps passe au-dessus de lui. Jamais le ténébreux ne prenait de pause dans son avancement, ainsi donc son immobilité pouvait être expliquer d'une excellente façon: il attendait son imbécile de partenaire Edmond Van Buren. Maintenant qu'il avait oser lui confier une petite mission avant qu'ils terminent à leur véritable destination, il croyait que sincèrement, il avait fait la plus grande des erreurs jamais produite par l'humain. Pourtant, et c'était le pire des paradoxe, c'est que seul le magnétiste pouvait accomplir ce travail. Plus il réfléchissait, plus l'évidence lui explosait au visage. Cet homme, aussi incroyablement pathétique il pouvait être, était un atout crucial pour les Sons et son incroyable fougue était une certaine force de frappe qu'on ne pouvait nier. Malgré tout, et on le comprenait, Alexis éviterait à l'avenir de faire équipe avec une créature qui se situe à l'extrême même de ce qu'il est. Le problème, c'est que le succès du présent déroulement passe par eux et personne d'autres. Une pression supplémentaire sur les épaules du sombre être qui en avait vu d'autres et qui ne flancherait jamais lors de l'ultime seconde.

L'heure venait de s'achever alors que l'ascension de la lune pouvait se faire voir à l'horizon. Au loin, si on était attentif, on pouvait remarquer une distraction sonore, chose que Alexis n'avait pas omis de considérer. Plus le bruit se rapprochait, plus il pouvait en confirmer la source qui n'était nul autre qu'un imposant camion tout-terrain de couleur noire. L'arrière du camion était ouvert et assez imposant pour qu'on puisse le remplir de toute sorte d'utilité et ce n'est que quand le véhicule décida de freiner sec devant lui qu'il apperçut l'immense objet en métal dans le coffre du camion. Immense dans ses proportions tout à fait humains, immense pour contenir une personne d'une taille moyenne et d'une corpulence tout à fait normale, immense pour ressemble à une parfaite forme cylindrique, mais de métal. L'extérieur du dit cylindre consistait en un espèce de grillage, tel un filet, qui constituait la structure même du cylindre. On pouvait donc facilement voir au travers mais il était impossible, même pour le plus petit des insectes, d'y passer tellement que l'assemblage était fin et serré. Ce n'était pas un inconvénient, au contraire, l'objet semblait d'une solidité à toute épreuve, de l'acier que l'on ne pouvait faire fondre ou briser de quelconque façon. Ne réagissant pas à cette venue, il s'attendait parfaitement à cette visite et ce n'est que quand il remarqua un Edmond Van Buren en sueur sortit de la cabine du camion qu'il hocha très légèrement la tête de satisfaction. Quant au magnétiste, il semblait à bout de souffle, et ça paraissait dans son rythme de voix à la fois déchainé mais déficiant...


Ce n'est pas beau un peu ça, Alexis? C'est de l'art concret, c'en est même magnifique, presque touchant je dirais! Qu'est-ce que t'en penses de ce magnifique monument?

Vous parlez comme un homme qui ne saisit aucunement la valeur des mots qu'il emploit, je m'en retrouve désolé pour votre intégrité. Sachez avant d'affirmer votre erreur dans vos paroles si douces d'absurdité que vous êtes en retard sur le temps qui nous a été convenu pour les retrouvailles. Elles m'enchantent autant que votre propre personne, n'en soyez pas inquiet, mais ne pas respecter l'heure du destion est cracher à son propre visage. Sans respect, sans gloire méritée, vous croyez que je laisserais faire ce faux pas et que je m'en retournerais sans me soucier de ses origines. Je peux vous affirmer que l'heure en votre absence fut d'un plaisir solitaire incomparable à votre présente présence que mes sens ne peuvent endurer sur une trop longue période. Qu'importe toutes ces distractions, l'importance réside dans l'accomplissement de votre mission qui vous a été précieusement confiée. La poursuite de notre quête de la liberté sans chaines et sans cage sera possible grâce à votre implication dans cette cause. Bien que vos méthodes soient barbarres et expéditives, vous faites partis de la puissance, de la solution.

Edmond se tappa le front d'un signe de découragement évident et frappa la porte du camion avec son pied pour exprimer une frustration sans équivoques devant le manque de reconaissance évident qu'avait le sympathique ténébreux...

T'es vraiment le plus sympathique des coéquipiers toi! Je suis en retard d'à peine quelques minutes et c'est tout ce que tu trouves à me dire!? Écoute moi bien Alexis Kane, je ne fais pas tout ça pour te faire plaisir et t'obéir comme si j'étais un vulgaire restant d'excréments humains! J'agis au nom d'une liberté qu'un être humain normal ne pourrait jamais obtenir! Je me contre-fiche que ma façon d'agir ne te convient pas, j'en suis même ravi de cette provocation je dirais, c'est une énergie qui est difficile à dénicher de nos jours! Tu pourrais mourrir dans les plus atroces souffrances que je serais le premier à venir cracher sur ta tombe sans aucuns remords, regrets ou quelconque faiblesses à l'image de ton âme quittant ce monde!

Le ténébreux, fidèle à ses habitudes, ne bougeait absolument pas, fixant avec une neutralité effrayante le phénomène vivant se tenant en avant de lui. Deux monstres distincts et uniques, si différents mais pourtant dans le même camp. Leurs regards s'étaient figés l'un dans l'autre, confrontation visuelle impossible à éviter ou dévier. Positionnement fixe et stable, on pouvait en entendre le hurlement du silence tellement c'était paisiblement mort comme ambiance. Une communication par les regards, tout s'était facilement compris et aucuns n'en rajouterait pour éviter de tout faire échouer au mauvais moment. Soupirant longuement, Edmond plongea la main dans sa poche et lança une grande clé en métal à Alexis qui l'attrapa habilement entre les doigts de sa main gantée. D'une lassitude évidente, sans grandes émotions, suivie d'une excitation incomprise, il savait s'exprimer dans toute une palette de tons...

La clé pour le cylindre, il s'ouvre par le dessus. La serrure est différente de celles dont tu as conaissance et est bien dissimulée dans la structure alors observe bien les moindres détails de la construction. C'est pas si mal pour un homme qui arrive en retard n'est-ce pas!?

Je n'exprimerai aucuns reproches quant à l'objectif rempli avec succès. Le mécanisme est simple d'utilisation, ce qui visait juste mes recommendations à cet égard. En toute sincérité, savoir que vous m'avez écouté monsieur Van Buren me projette une sensation de surprise rarement éprouvée. Pour cette route, je m'occupe du reste de la quête qui approche sa propre conclusion. Pour votre part, je vous conseille d'aller faire un rapport détaillé de tout ce qui s'est passé depuis notre arrivée dans les locaux de l'ancienne organisation protectrice des faibles. Tâchez de ne pas oublier de mentionner que la cible arrivera dans les temps et que la situation est dans le contrôle le plus absolu.

Depuis quand agissons-nous comme si Rick Baneson était le chef de l'organisation? Même si techniquement, dans un sens, il l'est, en plus d'être le principal fondateur! Toi qui en fait référence comme s'il appartenait à un ordre supérieur, c'est un peu surprenant!

Je fais autant confiance à cet homme que je vous fais confiance monsieur Van Buren, c'est à dire un synonyme de vide de confiance total. Mais la collaboration fait parti du sacrifice nécessaire pour que la liberté puisse s'exprimer dans toute sa beauté, sachez le bien. Je n'agis aucunement pour le bien des autres, je vois cette implication comme une occasion de prouver que plus que jamais, les ténèbres nous suivent à chacun de nos pas. Doute et incertitude, sang et mort s'en suivent, dans la discrétion la plus secrète. Pour en revenir à Rick, sachez que ce n'est pas seulement les marionettes qui ont des fils à tirer.

S'avançant avec une démarche solide et confiante, Alexis prit place dans le siège du conducteur et s'apprêta à accélérer lorsqu'il vit une moto descendre du coffre ouvert du camion. Évidemment, c'est un véhicule sport qui filait à toute allure, typique de Edmond. Dans le rétroviseur, le ténébreux voyait Edmond s'éloigner à une vitesse défiant les lois de la gravité. Ce fut à présent au tour du ténébreux à se mettre en route...

Après quelques longues minutes de chemin, Alexis arrêta le véhicule devant une maison de bois visiblement abandonnée depuis de nombreuses années. Avec exactitude, il ne pourrait affirmer le lieu où il se trouve et c'était l'idéal ainsi, personne ne pourrait le retrouver, sauf celle qui y est attendue. Tout se déroulait toujours comme il avait prévu et ce n'est pas ici, aujourd'hui, que cette vérité changerait. Sortant du camion habité d'une grâce et d'une finesse à en rendre jaloux les plus grandes danseuses, le sombre prestigieux se retourna vers l'arrière du véhicule pour observer attentivement le grand cylindre grillé d'acier. Jamais il ne l'aurait prononcé devant Edmond mais cet objet était tout à fait incroyable et Alexis ne s'attendait pas à une telle efficacité de la part d'une bombe émotionnelle à retardement. Grâce à son aide, tout serait bien plus facile mais le plus compliqué restait à faire et il devait analyser chaque possibilité, ne rien oublier, ne rien confondre. Tout était clair dans son esprit et tout le serait jusqu'à la fin. S'adossant contre le capot du camion, il croisa les bras en respirant lentement, se voilant dans une patience à toute épreuve...
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Lila Cruz

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MessageSujet: Re: Duality   Lun 12 Juil - 23:04

Le dilemme, une situation tragique auquel tout être humain, même s'il se sent supérieur à ses pairs, est confronté un jour où l'autre. Un sentiment inhérent à notre espèce bien plus faible qu'elle n'y parait, et qui plonge sa victime dans le désarroi le plus total, la torturant mentalement et la suivant inlassablement au fil des années, telle une ombre fantomatique. Même une fois le choix réalisé, les remords continuent encore et encore de ronger, on se perd à se demander ce qui se serait passé si une autre route avait été empruntée. Un conflit éternel qui ne disparaîtra qu'avec son hôte, qui l'emportera dans sa tombe. A jamais les regrets restent gravés dans un coeur, l'alourdissant jusqu'à le fatiguer, l'épuiser, l'envelopper de lourdes chaînes cadenassées. Quelle était la clé de sortie ? Comment se sortir de cette situation ? Peut-être en mettant fin à tout cela. En se noyant dans l'alcool, la drogue, ou en s'abandonnant à la violence. Que de sombres perspectives, que de voies sans issue. Mais n'y a-t-il pas une lueur d'espoir au milieu de cette mélancolie ? Une épaule sur laquelle s'appuyer, un regard pour nous rappeler que nous existons, pas seulement à travers nos yeux mais aussi à travers de ceux pour qui nous comptons réellement.

Comment Lila pouvait-elle faire une croix sur les valeurs qu'elle défendait avec la plus intime des convictions, tout cela pour écouter des sentiments qui lui étaient jusque là inconnus, qu'elle ne contrôlait pas et craignait au plus haut point ? Jamais elle ne pourrait suivre une idée aussi folle, aussi déraisonnable. Elle se devait d'agir comme elle l'avait toujours fait, en suivant sa ligne de conduite, son code bien à elle. Un code qui ne la trahissait jamais, et qui lui avait valu sa force que tant de personnes redoutaient. Sa réputation en était arrivée à un point où certains frissonnaient à l'entente du nom de Lila Cruz, où d'autres en venaient à craindre de croiser sa route. C'est cela qui rendait la lady si particulière, voire même grandiose. Elle ne voulait pas tomber dans la banalité des sentiments et de toutes ces conneries réservées aux âmes faibles, dominées par leurs émotions, écoutant aveuglément leur coeur au détriment de la raison. Comment pouvait-on survivre dans un monde devenu si impitoyable si l'on s'encombrait de toutes ces relations inutiles et restrictives ? Vivre en solitaire était le meilleur moyen de ne rien perdre. Pourtant, Lila avait été forcée de vivre trois jours avec ce qu'elle considérait initialement comme un colis à livrer. Elle avait réalisé que la cible était bien plus que cela, et quelque chose était né entre les deux femmes. Cruz avait déjà collaboré avec des personnes, travaillé pour une compagnie, mais jamais elle n'avait été impliquée dans une relation autre que professionnelle ou de partenariat. A vrai dire, elle ignorait ce qu'était une relation humaine, ou du moins elle l'avait oublié depuis longtemps. Elle était encore trop jeune pour se rappeler la complicité qu'elle avait avec sa défunte mère, et son père avait bien trop rapidement sombré dans la folie. Il était mort bien avant de terminer six pieds sous terre. Et puis, dès son plus jeune âge, elle avait vécu sans amis, loin de ses semblables. Seule, ne faisant confiance qu'à elle-même. Cela ne pouvait pas changer. C'était sa seule et unique option.

Elle avait rendez-vous avec son destin, et elle ne pouvait y échapper. La sensation de ne pas être en totale harmonie avec elle-même la dérangeait au plus haut point. C'était une personne qui avait l'habitude de se contrôler et de contrôler les autres. Les bras de Claire serraient sa taille afin de ne pas vasciller, car l'Anglaise explosait toutes les limites de vitesses afin d'être à temps au point de rencontre. Un étau qui enveloppait le ventre de Lila et créait une sensation désagréable, comme si elle était prisonnière de ces bras menus et innocents. La confiance était un bien précieux qui ne s'accordait pas gratuitement, mais malheureusement la Cheerleader s'était mise en tête d'avoir une confiance aveugle en l'Anglaise, de se persuader de sa bonté d'âme. Se trompait-elle ? Comment le savoir ? Ce qui était certain, c'est que les événements n'allaient pas se dérouler de manière aussi simple que prévue. La froideur de l'aristocrate ne réussirait pas à passer outre cette épreuve difficile, qui à la base n'était qu'une simple corvée de routine, et qui était devenu un événement capital.
La sombre bécane filait entre les rues violacées, disparaissant sous le coucher de soleil et laissant place à l'obscurité froide et mordante, qui recouvrait la ville de New-York de son drap impitoyable.
Lila n'avait pas envie de parler à la blondinette, elle savait que cela rendrait les choses plus difficiles encore. Mais Claire était bien déterminée à profiter de leurs derniers moments ensemble pour taper une ultime causette.


- Ecoute Lila, cria Bennet pour se faire entendre dans le vent hurlant provoqué par la vitesse. Je ne veux pas que tu te sentes obligée, mais j'aimerais vraiment que tu restes avec Angela et moi. Je n'aime pas cette femme, j'ai plus confiance en toi. On ignore même ce qu'elle mijote une fois de plus. Tu as bossé avec elle, tu sais de quoi elle est capable, et les bêtises qu'elle peut commettre. Je sais que tu as conscience de cela, et que tu aimerais rester. Je te demande juste d'y réfléchir. Comme je te l'ai dit, tu es pour l'heure la seule personne en qui j'aie vraiment confiance...




Cruz ne répondit pas, concentrée sur sa route. Mais elle avait écouté attentivement les paroles de la Cheerleader. A vrai dire, elle les avait pratiquement bues. Cependant, comment lui faire comprendre qu'elle n'avait aucune emprise sur le déroulement des événements, et que ses paroles n'y changeraient rien ? Comment lui expliquer qu'elle ignorait tout de la vérité, de ce qui l'attendait au bout du périple ? Lui expliquer ne serait d'aucune utilité, et en viendrait même à aggraver la situation. Mieux valait donc se réduire au silence. Claire interpréta ce non-dit comme un premier pas vers la victoire, croyant que Lila y réfléchissait. Mais cette dernière avait déjà pris sa décision, et ce choix était inébranlable. Un frisson parcourut l'échine de l'Anglaise, mais ce n'était pas causé par le refroidissement de l'atmosphère. Elle sentait que le moment fatidique approchait. Si ses souvenirs ne la trahissaient guère, elles approchaient du lieu de rendez-vous. Elle savait que son contact l'y attendait de pied ferme, non sans une certaine excitation qu'il dissimulerait habilement. Un instant craint d'un côté, et désiré de l'autre. Deux esprits forts allaient une nouvelle fois se retrouver, dans une situation cette fois bien différente des précédentes.
S'il n'y avait pas eu ce sentiment nouveau en Lila, cette forme d'attachement à la fois émouvant et écoeurant au point d'en vomir, le plan se serait déroulé comme prévu. Mais la vie est ainsi faite : les complications sont inéluctables. Le principal était que l'objectif de la missionnaire soit atteint. Le reste n'était que futilités et se dissoudrait au fil du temps. C'est du moins ce qu'elle tentait de se persuader.

Plus que quelques rues, et elles seraient arrivées à destination. A la vitesse où fonçait la moto, cela ne prendrait même pas cinq minutes. Au moins, elles n'avaient pas trop de retard. Il était difficile d'estimer l'heure de rendez-vous à la minute près, mais Lila trouvait qu'elle s'était bien débrouillée, malgré le petit imprévu causé par l'accident. De même, elle n'avait encore croisé aucun adversaire désirant se mettre en travers de son chemin. Cela dit, elle se doutait bien que cela n'allait pas tarder, et elle s'était préparée à toute éventualité. Elle savait même exactement qui allait se présenter très prochainement à sa porte. Quelqu'un n'ayant besoin ni d'interrogatoire, ni de torture afin de connaître la vérité. La mission était donc loin d'être finie, et la tâche de Lila serait alors de ralentir ces troubles-jeu.
Pour l'heure, la voilà enfin arrivée à destination. Au milieu d'une route vide et délabrée trônait un camion noir, garé devant une vieille bicoque en bois. La couleur du véhicule n'étonna en rien l'Anglaise, étant donnée l'identité de son propriétaire. Ce dernier était posté debout face au coffre du camion, en fixant le contenu pensivement, avec l'immobilité et la quiétude dont lui seul avait le secret. Avant que Claire n'eut le temps de comprendre, Lila s'arrêta et bondit de sa bécane. Elle attrappa la Cheerleader par le bras avec une certaine brutalité et la fit descendre également avant de la tirer vers la silhouette qui semblait se fondre dans le décor obscur. Claire, inquiète, commençait peu à peu à paniquer. Cruz fit mine de n'y prêter aucune attention et continua de marcher en la tirant avec elle, l'empoignant avec une force herculéenne. L'homme se retourna pour faire face aux deux demoiselles et les saluer. Lorsque Claire le reconnut, ses yeux s'écarquillèrent de stupéfaction. Elle commença à se débattre, lentement gagnée par la terreur, semblable à une vipère qui s'immiscait au plus profond de ses entrailles. L'aristocrate la tint un peu plus fermement.


- Lila, non ! Qu'est-ce que tu fais ? Tu ne peux pas ! NON !!

Le cri de Claire se perdit dans les ténèbres, provoquant l'envolée massive d'une bande de corbeaux affolés.
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Alexis Kane
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MessageSujet: Re: Duality   Mer 14 Juil - 4:51

La vie, l'existence même de tout êtres et de toutes choses fonctionnait par un regroupement de deux concepts, abstraits ou concrets, inconnus ou remarqués. La vie elle-même en est victime de cette ultime vérité et ne peut y échapper. Au début du chemin menant vers la mort, tout est à sens unique, on ne peut y revenir en arrière, triste dualité que le destion nous a tous imposés. Rien n'y échappe, rien ne s'en sauve, rien ne peut être une éternelle sollitude dans l'univers, ni même le destin, ni même le hasard, intimement reliés depuis le début des temps. Par chance que le destin nous frappe? Le destin qui décide si la chance nous attrape? L'histoire de l'existence est un paradoxe se recyclant au travers des ères et des époques, toujours la même recette au moindre changement. La dualité, l'éternelle dualité, confrontation des concepts, déformation de leur aspects, il en revenait au problème respectant une régularité vaste et solide qu'était le choix. S'imposer le choix, mais le renier, le rejetter, l'oublier, le suicide sans équivoque de l'âme et de ses plus lointains souvenirs. S'admettre le choix, le comprendre, le défier, l'accepter, la survie de l'intégrité de nos plus sombres pensées jusqu'au bout du chemin. Avoir fait le choix des ténèbres, c'est d'avoir choisi la dualité dans le sens contraire au mouvement social. Vérité qui revenait à un principe de base innaffectable, imperturbable, l'humain emploit la fuite face au mystère et à l'inconnu. Une honte de l'espèce et pourtant une formalité, on n'y remédie pas, on ne la corrige pas, perte de temps et de sang, des deux cotés, des deux camps de notre propre dualité. Le sang versé pour verser d'autre sang, le torrent est d'une source inépuisable, la vague ne fait que commencer, il suffit de donner le premier véritable coup de couteau, et pas seulement une simple entaille. Une honnête plaie ouverte et profonde, plongeant dans les abysses les plus obscurs de ce monde...

La première tranchée de la lame avait frappé à un endroit précis, à une faiblesse dont il s'était emparé avant toute autre puissance. Sa portée avait le pouvoir de se rendre à un endroit sans qu'aucuns autre êtres ne le sachant avant un certain moment, prenant un retard évident sur l'ombre rampant à une vitesse à la fois discrète et fulgurante, prenant une avance conséquente et évidente sur le reste de sa propre dualité. Le suspense, la surprise, le meilleur plan pour avoir son adversaire prit dans un piège cruel, l'esprit de Alexis en était devenu maître absolu de ces situations. L'avenir ne disait pas dans ses lignes que le ténébreux aurait un jour mis la main sur une ressource d'immortalité avec autant de facilité. Bien entendu, cette conclusion n'aurait été possible sans l'aide de madame Cruz et sa présence ne dérangeait aucunement Alexis, au contraire, cette créature féminine à l'audace d'acier méritait respect dans toute sa fierté. Il n'en ferait pas une fidèle alliée, loin de cette proposition absurde, mais elle était un atout qu'on ne pouvait négliger. Elle avait aidé à la préparation de la partie, élaborant elle-même quelques règles maintenant beaucoup plus difficiles à contourner. On ne peut tricher l'efficacité de l'anglaise et le calme glacial de la noire abomination, impossible de gagner sans efforts et sans sacrifices. Grâce à leur collaboration directement indirecte, l'obstacle ne se trouvait pas en fin de jeu mais bien au début, avant même son comencement, ce qui plaisait grandement à Alexis bien qu'il n'en démontrait absolument aucuns signes. Lui qui n'avait pas pratiqué le loisir de s'amuser comme seul lui avait le secret dans le passé, il s'apprête à faire un retour fracassant. Les joueurs seraient plus nombreux mais le terrain de jeu serait immense, sans frontières, sans limites. Un simple jet de dé inconscient pouvait faire tout chavirer, l'équilibre instable mais résidant aux mains d'un seul homme, du pire homme qui pouvait en être. Comment mieux se retrouver dans le trouble et l'insécurité d'une impasse...




Son visage était toujours le même, sombre et impassible, sans expressions, sans émotions, même si l'objectif de ses jours présents était devant lui à se débattre de sa fatale destinée. La pauvre Claire qui avait été utilisée comme un vulgaire jouet perdant de sa valeur en un claquement de pieds, et dire que Alexis n'en ressentait aucuns regrets, aucune tristesse, seulement son unique calme le suivant bien plus proche que le faisait sa propre ombre. D'un pas lent, presque mélancolique mais refletant que trop bien sa monstruosité et ses intentions mauvaises, bien trop mauvaises pour une paisible humanité. Sa voix d'orateur se répendait dans les environs, créant une ambiance difficile à supporter...


T'affirmer de te calmer et que tout se passera bien serait de propager un mensonge au travers de tes sens déjà affaiblis, Claire. Ce n'est pas une chance que ce n'est pas ce que je souhaites, je ne suis tout simplement pas une illusion iréelle de tes pires cauchemars. Faire fausse route à mon égard est devenu un manège si simple et si évident au premier coup d'oeil, on ne s'attarde guère aux motivations réelles prenant comfort derrière l'imposante des ténèbres. Un secret et un inconnu aux yeux de tous, ni même l'immortalité ne t'habrite de tout les maux. Déception, désespoir, tout ce monde qui se fracture en ruines au moindre souffle, n'ose pas me dire que tu y vois encore cette étincelle d'espoir que je m'apprête à écraser d'un seul pas, d'une seule ombre? La vie meurt, Claire et la mort revit des cendres de la vie, tout autour de toi, toujours et sans arrêts. Tu es seule dans une constance de l'évolution du destin et ton opposition à ta mission serait justifiée? Dans tout ses états, l'être humain n'est rien de plus qu'une vulgaire blague déviant du chemin de la seule et unique vérité qui nous est pourtant commune. Tu ne seras pas qu'une simple captive, rôle cruellement défini par les mensonges de notre société. L'incarnation d'une spectatrice privilégiée pour les démonstrations d'un art plus vivant que les peintures et plus vibrant que les douces mélodies te berçant depuis le début de ta piètre enfance. Cet art ne s'enseigne pas, ne s'apprend pas, il se découvre, dans la nature, il s'acquière, dans la vérité, il s'obtient, dans l'absence de moralité, il se préserve, dans la mort, il survit. Ignorance de mes paroles, dégoût de leur signification, j'en subis toute la compréhension de ton recul. Navré, je ne suis pas, sans même être désolé, pas de compassion, aucune pitié, sans faiblesse, hors de la défaite. La question flotte dans les recoins de ton âme, suis-je vraiment une abomination sans coeur, sans émotions, sans sentiments pour les semblables le suivant? La réponse se trouve dans le silence, les mots offrant une pression supplémentaire inutile dans ton questionnement.

Ce discours si bien prononcé et articulé par le maitre des mots avait le poids d'un bloc de marbre sur la tête de la jeune blonde. Si peu de temps pour autant de conversation à sens unique, difficile d'y remarque un autre personnage aussi particulier à cette pratique que Alexis Kane. Ce dernier afficha l'ombre d'un très faible sourire le temps d'un clignement de yeux avant de se retourner et de marcher de nouveau vers le camion noir quelque peu illuminé par les certains reflets de la plaine lunaire traversant les cieux noirs et étendus dans leur beauté. Les pupilles de ses yeux s'immobilisaient devant le métallique objet que Edmond avait libré auparavant. Dire que cet imbécile avait apporté une contribution aussi importante à la cause, il avait peine à y croire. Hochant de la tête légèrement pour lui-même, il fit volte-face vers Lila et Claire, le temps qu'elles puissent fixer la profondeur du regard de l'homme. Dans la seconde suivante, il avait complètement disparu, fondu de nouveau dans ce qu'il avait de plus précieux, l'unique besoin qui comptait réellement pour lui et pour lui seul. Les secondes silencieuses suivant l'évaporation ténébreuse de Alexis était douloureuses pour le mental, pour le moral. L'aura du ténébreux se faisait ressentir de si loin alors qu'il était si proche et ce n'était pas une sensation que l'on pouvait qualifier d'agréable et de plaisante, de douce et sensuelle. Lourde, froide, lointaine, horripilante, brutale, presque violente, sanglante...

Sans la moindre difficulté, son corps s'était à présent manifester à quelques mètres derrières les deux jeunes femmes. Son long manteau foncé avait suivis le cours du vent et avait volé pendant quelques brefs instants avant de se laisser retomber avec grâce contre le corps de Alexis. Une étrange douceur considérant les origines du personnage. Relevant la tête vers la pénombre d'étoiles illuminant leurs ténèbres, le sombre Prince souleva ses dons de paroles de nouveau, cette fois-ci à l'intention de la chère Lila Cruz, cette femme qui avait accepté la main des ombres pour une raison aussi obscure...


L'efficacité de vos actions représente bien le sens du professionalisme dont si peu font preuve de nos jours. Je pourrais vous couvrir de compliments et de félicitations suite à l'exploit accompli, mais ce serait dénigrer la personne fière que vous êtes sans quoi je me contenterai d'affirmer que le travail n'avait jamais été réellement en danger. Pendant un instant, dans les ruines de l'hypocrisie quelques heures plus tôt, j'aurais même cru que mon pathétique phénomène de collègue aurait oser appuyer sur la détente pour percer le crâne d'une des personnes présentes. Retrouvez moi en heureux de ce dénouement sans violence qui nous aurait ammener un nécessaire d'ennuis que l'on souhaite éviter à tout prix. Dire que je vous faisais confiance trahirait ma propre opinion des choses mais sachez que je n'ai jamais cru à une défaite de quelconque façon. Perfection tactique et stratégie, faire lever la poussière tout juste au dernier moment, sans même qu'on s'en rende compte. Votre maitrise de la discrétion fut cruciale jusqu'à notre face-à-face et l'humain moyen aurait flancher après la première marche. Sans ressources ils sont, privés de leur avantage, j'en suis presque attristé au point de verser une larme de compassion.

Essuyant le coté de sa tête du bout de ses doigts, Alexis fit légèrement basculer sa tête vers l'avant pour revenir au niveau visuel des jeunes femmes. Plus que jamais, on sentait son regard brûler d'une étrange neutralité et d'un vide tout à fait absent, étrange constatation mais c'est l'unique impression que l'on pouvait en tirer. Pourtant, c'était la seule description qu'on pouvait en faire tant son regard se perdait dans sa propre profondeur. Marchant de nouveau, ses pas résonnaient de leur impact avec une assurance rapidement renouvellée qui ne lui faisait jamais défaut. Dépassant les deux femmes, il revint devant elle à quelques mètres seulement, étendant ses deux bras derrière son dos en poussant un très léger soupir, comme s'il semblait exaspérément désespéré de toute cette mascarade. Le véritable jeu commencerait bientôt et il n'en avait que pour cette pensée. Pourtant, comme toujours, il avait le parfait contrôle sur le déroulement de sa mentalité et ainsi, aucune fuite visible, aucun affaiblissement, fidèla à sa maintenant très célèbre réputation...

Vous dévoiler la suite de mes opérations serait d'offrir ma condamnation directement à votre portée, vous compremenez que je suis tenu par le silence du secret professionnel, idéalement positionnée vous êtes pour comprendre cette remarque si significative. Aucun être vivant de ce monde n'est au courant de ma planification envers l'avenir, sauf les téméraires qui s'amusent surnaturellement avec l'avenir, sachez que j'apprécie le calme de ce silence planant autour de ma personne, respectez le et les problèmes ne vous seront pas fidèles à votre démarche. Implication future de votre part? Fort possible que les services vous concernant ne soient pas terminés. La dualité, éventualité de son arrivée dans son esprit quant à ce que je suis réellement. Accepterez-vous les paroles sombres et impossibles de confiance des ténèbres? Une sagesse que l'on ne peut obtenir si on est nullement attentif aux détails paraissant insignifiants. Votre place n'est pas parmi eux et vous le savez autant que je le constate au même rythme que je déparle dans une maitrise des plus assurée. Ne me dites pas le contraire, Lila, ne reniez pas cette vérité que vous recherchez dans vos propres valeurs. Considérez ma personne comme une figure simple et absente de votre passé. Absence de votre présence dans les temps à venir, oubliez mon existence et ma simple raison de vivre. Ceci étant vrai à moins que votre motivation s'extrémise au point de vouloir rester accrocher dans les sombres abymes de mes plus vastes conaissances. C'est un choix à poser, un choix à prendre, un choix à réfléchir. Me pliant à cette volonté, je respcte mon propre choix de reprendre cette jeune blonde entre mes griffes pour lui faire voir l'autre coté de l'espoir gâché.

Immobile, parfaitement immobile, c'était impossible de quitter un regard aussi envoutant mais pourtant si naturel, si impassible, si vide, si dément...
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Lila Cruz

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MessageSujet: Re: Duality   Ven 16 Juil - 19:59

Sans l'ombre d'un doute, Lila avait affiché cette expression froide et inébranlable face à son interlocuteur qui, elle le savait pertinemment, n'hésiterait pas à commenter ne fût-ce qu'une once d'égarement de la part de l'Anglaise. Et étant donné que ce n'étaient pas ses ognons, elle préférait jouer la carte de la neutralité absolue, malgré les yeux emplis de terreur de Claire qui la questionnaient silencieusement. Il y avait plus de surprise que de colère dans ce regard innocent, et la blonde ne semblait pas en vouloir à celle qui l'avait trahie. C'est à vrai dire ce qui surprit le plus Cruz, qui s'attendait à une déferlante d'insultes en tous genres. Après tout, c'était la réaction la plus normale à adopter, non ? Pourtant, rien de cela ne fit irruption lors de cette scène dramatique. Comment pouvait-elle ne pas lui en vouloir ? Arrivait-elle à la comprendre ? Les humains ne peuvent pas comprendre les valeurs de Lila, sa façon de penser, ce qu'il y avait à l'intérieur et qui semblait si mystérieux, mais qui au final était tout simplement vide. Une coquille, épaisse, une envellope charnelle forte mais sans rien dedans, voilà ce qu'était en réalité la tueuse à gage. Claire continuait de se débattre alors qu'Alexis se déplaçait. Elle était complètement prise de panique, mais manquait de force face à ses redoutables adversaires. La fuite était devenue une lointaine utopie. Et visiblement, tenter de convaincre Lila ne portait pas davantage ses fruits.

Même s'il ne le montrait pas, Kane était, à sa manière, content de Lila. Content n'était pas le terme exact, le ténébreux fonctionnant lui aussi d'une manière fort singulière, mais il retirait une certaine satisfaction du fait que leur plan se soit déroulé sans aucune faille. Du moins, c'est ce qu'il devait penser, mais l'Anglaise avait décidé de dissimuler la seule faille qui s'était dessinée dans leur parfait scénario. Même Edmond, le complice de Kane, n'était pas présent pour animer les tensions qu'il y avait entre les deux mercenaires. Tout avait été calculé au détail près, de manière à ce que rien ne vienne les perturber. La porte arrière du camion était déjà ouverte et l'on pouvait y entrevoir, dans l'ombre, cet étrange réceptacle de forme cylindrique, capable de contenir un être humain. Il croupissait dans l'obscurité, tel une bête sauvage prête à ouvrir une bouche béante ornée de crocs acérés. Lila fit mine de ne pas s'y intéresser mais elle allait devoir l'étudier de près pour attaquer la prochaine étape. Claire se débattait toujours, décidément bien déterminée à ne pas se laisser faire.


- Espèce de sale ordure ! cria-t-elle à Alexis. Je ne sais pas qui tu es, mais ils te retrouveront ! Peter, ma grand-mère, Gregory et tous les autres. Ce moment arrivera, et je te plains d'avance. Je cracherai sur ta tombe, t'as ma parole, pauvre taré !

L'homme de l'ombre ne broncha pas et laissa la Cheerleader déverser toute sa haine sur lui. Il attendit que son répertoire de reproches, menaces et insultes se soit épuisé avant de se mettre à parler de cette voix suave qui semblait se fondre dans la quiétude pesante de la nuit.

T'affirmer de te calmer et que tout se passera bien serait de propager un mensonge au travers de tes sens déjà affaiblis, Claire. Ce n'est pas une chance que ce n'est pas ce que je souhaites, je ne suis tout simplement pas une illusion iréelle de tes pires cauchemars. Faire fausse route à mon égard est devenu un manège si simple et si évident au premier coup d'oeil, on ne s'attarde guère aux motivations réelles prenant comfort derrière l'imposante des ténèbres. Un secret et un inconnu aux yeux de tous, ni même l'immortalité ne t'habrite de tout les maux. Déception, désespoir, tout ce monde qui se fracture en ruines au moindre souffle, n'ose pas me dire que tu y vois encore cette étincelle d'espoir que je m'apprête à écraser d'un seul pas, d'une seule ombre? La vie meurt, Claire et la mort revit des cendres de la vie, tout autour de toi, toujours et sans arrêts. Tu es seule dans une constance de l'évolution du destin et ton opposition à ta mission serait justifiée? Dans tout ses états, l'être humain n'est rien de plus qu'une vulgaire blague déviant du chemin de la seule et unique vérité qui nous est pourtant commune. Tu ne seras pas qu'une simple captive, rôle cruellement défini par les mensonges de notre société. L'incarnation d'une spectatrice privilégiée pour les démonstrations d'un art plus vivant que les peintures et plus vibrant que les douces mélodies te berçant depuis le début de ta piètre enfance. Cet art ne s'enseigne pas, ne s'apprend pas, il se découvre, dans la nature, il s'acquière, dans la vérité, il s'obtient, dans l'absence de moralité, il se préserve, dans la mort, il survit. Ignorance de mes paroles, dégoût de leur signification, j'en subis toute la compréhension de ton recul. Navré, je ne suis pas, sans même être désolé, pas de compassion, aucune pitié, sans faiblesse, hors de la défaite. La question flotte dans les recoins de ton âme, suis-je vraiment une abomination sans coeur, sans émotions, sans sentiments pour les semblables le suivant? La réponse se trouve dans le silence, les mots offrant une pression supplémentaire inutile dans ton questionnement.

Prise au dépourvu devant un tel discours, presque assommant, Claire se tut. Elle resta bouche bée face à cet individu dont la complexité la dépassait, dont l'ambiguïté lui échappait totalement. Mais ses yeux continuaient de lui lancer des éclairs et elle serra les poings de toutes ses forces, toujours privée de ses mouvements, Lila la tenant plus fermement que jamais.
Kane se mit alors à marcher vers l'arrière du camion, fixant son mystérieux contenu, puis soudain il disparut. Il se fondit dans les ténèbres et devint invisible à l'oeil nu. Inquiète, Cruz se demandait ce qu'il fabriquait encore. Cet homme semblait soigner sa mise en scène avec une minutie presque maladive, mais il ne se rendait pas compte que l'aristocrate commençait à fatiguer. La Cheerleader n'avait pas peur de se briser les os et se débattait comme une véritable furie. Une tigresse difficile à contenir. Claire sursauta lorsque le ténébreux se remit à parler dans leur dos, à l'endroit où il venait de réapparaître. A quel jeu jouait-il ? Désirait-il admirer le spectacle de ces deux superbes créatures qu'il avait si habilement manipulées comme des marionnettes ? Claire gesticula de plus belle, cela commençait à devenir fatiguant, d'autant plus que Lila avait roulé toute la journée, s'arrêtant uniquement pour manger.
Levant la tête vers le ciel étoilé, Alexis se mit à vanter les mérites de Lila, ce qui eut pour impact de la surprendre. Elle ne l'avait jamais entendu insinuer une quelconque marque de satisfaction, et d'un coup la voilà croulant sous une montagne de compliments. Ceci dit, elle n'en ressentit aucune fierté. A vrai dire, elle avait honte de ce qu'elle avait fait. Honte de ne pas avoir suivi ses désirs comme elle l'avait toujours fait jusqu'alors. Mais cette fois-ci, son sens du devoir avait été bien trop puissant, il l'avait littéralement guidée dans l'obscurité de son esprit tumultueux. Elle aurait bien voulu aider Claire, seulement elle n'avait aucune idée de la manière avec laquelle s'y prendre. Elle préférait adopter la seule ligne de conduite qu'elle connaissait, celle qui était rassurante, maternelle, protectrice. Mais qui, dans le fond, constituait une véritable camisole de force psychique. Lila adorait l'imprévu lorsqu'il venait de l'extérieur, mais quand il se produisait en elle, ses répères se perdaient totalement. Elle s'était toujours crue stable, régulière, inchangeable. Que faire lorsque notre seul point d'appui s'écroule d'une traite ? On tente de le reconstruire, de faire ce qu'on a toujours fait afin de retrouver ses habitudes, ses repères, son terrain connu. On rebâtit notre réalité telle qu'on l'a connue et telle que l'on souhaiterait quelle revienne.


Alexis retourna alors auprès du camion, passant à côté des jeunes femmes. Claire serrait les dents et tenta une ultime ruée rageuse vers le ténébreux. Ce dernier se remit alors à parler, mais Lila eut du mal à saisir l'ambiguité de ses paroles. Tentant toujours de contenir la Cheerleader, elle fronça les sourcils, et pour la première fois depuis leur arrivée, se mit à parler. Elle avait longuement hésité, craignant que sa voix ne trahisse son état intérieur en tremblant, mais c'est sa voix usuellement forte et sûre d'elle qui sortit de sa bouche.

- Dois-je voir là une invitation à me rallier à votre cause, Kane ? Je suis désolée, mais la dernière fois que j'ai joué les moutons, ça a plutôt mal tourné, même si j'ai réussi à bien rattrapper le coup. Nous repartirons chacun de notre côté et nous redeviendrons d'illustres inconnus aux yeux de l'autre. Qui sait serons-nous peut-être amenés à nous revoir en tant qu'ennemis, seul l'avenir nous le dira. Mais ce n'est pas à vous de me dire où se trouve ma voie. Je doute que cela soit chez vous une manie irrésistible, mais je ne marche pas dans ce jeu-là, et vous le savez certainement. Ceci dit, je respecte vos choix et je me doute bien que vous ne me déballerez pas vos jolis projets d'avenir. Maintenant, veuillez m'excuser, mais vos discours se sont étendus bien trop longtemps. Je commence à fatiguer, et j'ai encore besoin d'énergie pour ce qui va suivre. Laissez-moi passer.

Elle poussa Claire avec insistance en direction du camion. Celle-ci avait recommencé à se tortiller dans tous les sens, déchainée.

- Tu ne peux pas faire ça, Lila. Je sais que ce n'est pas ce que tu veux ! Laisse-moi partir, ce gars-là va tous nous conduire à notre perte ! Je t'en prie Lila, vois la vérité en face. Tu es comme Monsieur Linh, tu veux te persuader d'une chose qui n'est qu'une illusion. Ne te laisse pas embarquer dans ce genre d'embrouilles !

Cruz avait enfin atteint le compartiment du camion. La cage cylindrique était déjà ouverte, tendant les bras à sa future proie. L'Anglaise y jeta la blonde, qui trébucha et s'écrasa contre l'une des parois intérieures du réceptacle. Cela provoqua un bruit sourd qui laissa Claire sonnée pendant quelques instants. Juste assez pour laisser à Lila le temps de refermer la porte et le cadenas de la cage. Elle put enfin souffler un moment, puis avança lentement vers Alexis.

- Si vous croyez que la partie est gagnée, vous êtes loin du compte, Kane. Elle ne fait que commencer. Il se peut même que nos adversaires nous aient déjà devancés sans que nous ne le sachions. Attendez-vous à recevoir de la visite, à devoir fuir en permanence, à rester incessamment sur vos gardes. La route qui conduit à votre rêve le plus intime ne sera pas de tout repos, et beaucoup de personnes se dresseront sur votre chemin. Sans vouloir vous décourager, je dirais même que votre réussite relèverait du miracle. Mais je doute que cette seule idée vous arretera. Contrairement à ce que vous l'avez laissé entendre, mes services à votre égard ne sont pas terminés. Je serai sûrement moi aussi pourchassée, interrogée, harcelée. Plusieurs personnes savent que j'étais en possession de Bennet, et elles ne me lacheront pas. Je ne cèderai pas, alors j'attends de votre part une rémunération de taille. J'espère que vous m'avez bien comprise. Et inutile de critiquer mon amour pour l'argent. C'est l'une des formes de mon pouvoir, et je l'entretiens autant que les autres. Vous pourrez d'ailleurs observer à quel point j'ai développé la puissance de mon don, bien que...

Elle fit volte-face et retourna auprès de la cage. Claire la regardait, encore étourdie, avec des yeux à la fois méfiants et suppliants. Ils luisaient, humides, la lumière de la pleine lune se reflétant dans ses larmes naissantes. Lila essaya de ne guère y prêter d'attention, au prix d'efforts considérables. Du bout du doigt, elle frappa l'un des barreaux métalliques, étudiant sa résonnance, sa sonorité, sa substance.

- Manipuler la taille se fait plus ou moins aisément selon la matière traîtée. Je ne sais pas où vous avez dégoté un récipient aussi solide, mais je félicite son créateur. Ceci dit, cela risque de prendre du temps et non moins d'énergie.

Si elle apprenait que celui qui avait créé de ses propres mains cet objet n'était autre que cette brute épaisse d'Edmond, elle n'y croirait pas une seconde. La solidité du matériau allait l'obliger à déployer une énergie démesurée. De plus en plus inquiète par les propos de l'Anglaise, Claire se releva péniblement et s'approcha des barreaux, faisant face à son amie.

- Qu'est-ce que tu racontes, Lila ? Qu'est-ce que tu comptes faire ? Dis-moi que ce n'est pas ce que je crois ! Tu ne peux pas faire ça !

Faisant mine de l'ignorer, Cruz continua de s'adresser à Alexis.

- Je disais donc que cela va probablement prendre du temps. Je vous demanderais donc d'être le plus silencieux possible et de respecter ma concentration. Je sais que ne pas parler demande un certain effort de votre part, mais c'est vraiment primordial. Je vous demanderais également de bien vouloir couvrir mes arrières, au cas où nous subirions une attaque surprise. Restez sur vos gardes.

Durant un bref instant, on aurait pu croire que les rôles s'étaient inversés et que c'était désormais Lila qui donnait les instructions, et Alexis qui lui obéissait. La jeune femme avait un esprit fort et déterminé, elle savait s'imposer et faire entendre ses ordres. Une fois aux commandes, elle devenait la reine. Même un autre grand esprit comme celui de Kane ne l'intimidait pas.
Elle tenta de se concentrer, serrant les poings puis les relachant à plusieurs reprises. Elle inspira profondément, se répétant qu'elle pouvait y arriver, et qu'elle devait à tout prix éviter de se laisser déconcentrer par Claire. Elle attendit le signal définitif d'Alexis avant de s'adonner à la longue et pénible tâche qui l'attendait.
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Alexis Kane
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MessageSujet: Re: Duality   Jeu 22 Juil - 0:24

Un univers noir, sombre, infini dans sa propre obscurité. Sans limites, sans frontières, ignorant notre conception même de la moralité. Aucunement un rêve, ni mêne une réalité acceptée, seulement une projection de nos désirs les plus chers, de nos fantasmes les plus redoutés. Épais voile abstrait, aucune distinction particulière possible, une conformité parfaite dans tout les sens. Un monde à part, un monde que l'on ne peut jamais connaitre jusqu'au plus profond des secrets. Un inconnu y marchait, déambulait d'un pas si lent qu'il pourrait en fendre la terre. Ses pieds ne faisaient qu'effleurer la surface du sol et pourtant, on sentait tout le poids de sa conscience et de sa mentalité se presser contre le plancher de cette incertitude matérielle. Son corps était d'une corpulence presque absente, une silhouette parfaitement dessinée et en harmonie avec l'environnement ambiant. Distinction impossible, il ne semblait que faire un seul être avec la nature même des ténèbres. Incompréhension et absence de logique face à cette constatation, pourtant présente, pourtant distincte. Tout semblait si faux, si belle incarnation d'un mensonge entretenu au travers de toutes les époques. Une seule vérité, une seule valeur, une seule constance, véritable étincelle parmi cette absence de moralité, le visage. Le regard était d'une profondeur à s'y noyer si on ne supportait sa dureté et sa sévérité. Puis il y avait ce sourire, une preuve de satisfaction, la preuve que le tout était accompli, l'accomplissement d'un effort mérité et soutenu. La silhouette défiait sa propre stabilité et tourna sa tête vers l'arrière pour jeter un froid sur le passé. Un premier trait apparaissait à la lumière des ténèbres, familier, frais dans nos souvenirs, symbôle de puissanc et de royauté...

C'était son idéal, sa vision, sa projection du futur selon ses propres idées, ses propres rêves, absentés de tout cauchemars. En fermant les yeux, imaginant ainsi, Alexis confirmait son assurance en ses propres stratégies, convaincu que la possibilité était toujours la sienne. Aucunement un rêve, une futile aspiration à un accomplis hors de portée. Sans être matérialiste, tout était devenu possible pour lui. Aucune dépendance à quelconque ressource, seulement une adaptation continuelle à l'évolution du changement qui l'entourait tel une enveloppe corporelle, une aura ne pouvant se détacher de son origine. Le stratagème parfait, la meilleure tactique, le plan de toutes les qualités, on ne pouvait le dévier, ni le défier, stable et solide, complet et unique. Attention et analyse de tout les détails, une fraction primordiale de ses actions. On pouvait croire qu'en ce moment, le ténébreux ignorait complètement les paroles que mademoiselle Cruz dirigeait à son intention mais concrètement, le jeune homme saisissait l'intégralité de ses paroles, sachant avec pertinence que chacun des mots avait toujours une certaine valeur. Loyauté, sollitude, adversité, respect, inutilité, fatigue, victoire, incertitude, obstacles, danger, rêve, chasse, récompense, puissance, des termes décorant avec subtilité les discours de Lila qui valaient à eux aussi une certaine longueur qu'elle avait elle-même reprochée à Alexis. Paradoxe quand tu nous tiens, le ténébreux s'en retrouvait d'ailleurs ravi, même si aucune preuve visuelle ne pouvait être constatée. Dommage peut-être? Tout simplement charmant dirait un autre. Pourquoi est-ce que le ténébreux ne servait pas à la jeune femme une réplique verbale? Contrairement à ce qu'il avait toujours cru, et il le savait, la puissance des mots se trouvaient aussi dans la beauté du silence, autant vérité que fierté.

Observation de la cage, Lila en serait renversée si elle avait conaissance de l'imbécile qui était à l'origine de cette création métallique. Un semblant de difficulté vis-à-vis une telle épreuve mais Alexis ne doutait aucunement de la réussite. Pour s'en assurer, Lila demandait toute sa concentration alors que l'homme devrait s'assurer qu'aucune perturbation dérangerait la jeune femme dans son acomplissement. Croyait-elle qu'elle pourrait lui subtiliser le throne de cette façon? Un partage des pouvoirs, une réunion de personnes très fortes, certaines tensions pouvaient en résulter. Voyant qu'elle semblait patienter un signal de sa part, Alexis croisa lentement les bras contre lui et détailla de son obscur sens de la vue la construction métallique cylindrique de Edmond. Avant de lui donner son répit, avant de laisser la force de la nature s'exprimer, il devait bien s'assurer que son message passerait sans mal et sans failles. Après tout, la douce odeur du silence n'était guère la préférée de Alexis. Déroulant le tapis à sa propre mélodie, on constatait à quel point cet être était fondamentalement différent des autres. Ce n'était pas un vilain ou un justicier, si on considère ces concepts absurdes de la société. Ce n'était qu'un homme seul dans sa morale et libre dans ses valeurs qui cherchait à faire honneur à sa propre destinée...


La perception des envolées vocales diffèrent parfois de leur véritable sens, c'est d'une logique compréhensible considérant les valeurs de chacun. Chacun emprunte son chemin, chacun suit ses propres pas, beaucoup de déviations, plusieurs variations, c'est le moindre de mes soucis, c'est une liberté qui est propre à chaque individu. Peu importe l'adversité, peu importe les embûches vers le sommet, la route restera toujours la même et mon ombre la suivra jusqu'au bout, dans sa profondeur, dans sa réalité. Ce chemin, je ne vous le dicte pas, je vous expose un fait que j'entrevois depuis le début de cette marche. Vous respectez mes choix et mes secrets, j'en fais de même à votre égard malgré notre différence évidente. Le silence de mon esprit ne résoudra aucuns des problèmes présents, il ne nuira aucunement à ma victoire qui comporte son lot d'ennemis, ne me croyez pas dupe à ce point, je savais avec pertinence que nombreux seraient les chasseurs à mes trousses, un sacrifice du jeu nécessaire, un coup de dé risqué et calculé. Vous retrouvant dans la même situation, vous serez contactée de nouveau pour discuter de cette faculté qu'est la rénumération. Le moment sera choisi par ma personne alors l'attente ne sera pas en vain. Votre sens du matérialisme ne sera nullement critiqué, je ne vous ai pas destiné cette mission pour vous faire victime d'un jugement égal à l'absence de justice et d'équité. Votre approche des choses est intéressante et nécessaire à cette réussite. Rappelez vous que votre remerciment monétaire en est dépendant, mais vos capacités ne vous feront aucunement défaut. Le créateur de ce monument a veillé à tout les détails. Si faille il y a, mesure de précaution, c'est le moment de le remarquer et d'en faire mention. Dans le cas contraire de cette heureuse tournure, je vous invite à procéder. Les ombres sont derrière vous pour cette épreuve, unique arrivée dans votre existence.

Le ténébreux resta parfaitement immobile pour assister à la puissance dévoilée de cette téméraire. En serait-il impressionné par cette démonstration? Tout simplement jamais. Il était au courant de ce qui se passerait, les surprises étaient toujours prévues au programme et s'y adapter n'était qu'une absurde formalité. Était-il conscient? Réalisant la gravité de ses actes? Manipuler une vie humaine avec autant de maléfiques intentions, aucunement humain, absence d'émotions et de sentiments, un simple outil pour donner le prestige dû à ses propres plans. Ressentant la pression des ténèbres lui déchirer la stabilité de l'esprit, Alexis le savait, il ne pouvait oublier. Il ne pouvait répondre par un désespoir entrainé par la déception de la défaite. Condamné à réussir, condamné à vaincre, être un perdant ne voulait rien dire à ses yeux. Aucuns doutes, aucunes incertitudes. Si seulement cette bande de faibles pouvait imaginer ce qu'il avait prévu comme suite du jeu, si seulement leur âme pouvait supporter la grandeur de ce qui les attendait. Déviant sa tête vers le sol, le ténébreux soulevait ses doigts vers son visage pour les observer attentivement. Main tâchetée d'ombre et de sang, rouge de brutalité, noire de monstruosité, elle avait écrit le plus horrible des récits. Horreur de la vie, terreur de l'esprit, le ténébreux était l'essence de nos cauchemars. Incarnation de nos plus douloureux souvenirs, mémoire de notre défaillance, il savait provoquer notre décadence pour sa seule et unique motivation. Aucun plaisir ressenti, aucune joie à propager l'ingrédient de la peur. Ni un droit, ni un privilège, c'était un devoir associé à sa réalisation de ce qu'il avait préparé. Absence, présence, efforts, volonté. Il n'en reculerait jamais, défiant le monde à le mettre à terre, à le réduire à un état irréparable. Jusqu'à ce jour, aucun être vivant, aussi puissant qu'il pourrait être, n'a réussi à se rendre fier de cet exploit non pas unique mais tout simplement impossible jusqu'à preuve du contraire. Ni invincible, ni immortel, mettre un terme à une âme qui ne craignait la mort, la souffrance ou tout les autres concepts insensibles aux perturbations solides.

Il était noir, debout, mort de paroles et vivant de gestes. Il observait, il attendait, et il savait. Oui, la conaissance, le pouvoir de savoir, une sensation que peu pouvaient avoir le plaisir de ressentir. Un jeu qui ne faisait que débuter et la conclusion, seule Alexis Kane en savait la nature exacte...
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MessageSujet: Re: Duality   Sam 24 Juil - 17:34

Amelia Cruz, charmante épouse du comte d'Abbingdon, assortissait un superbe bouquet de fleurs diverses en chantonnant dans la salle de séjour. Elle était vêtue d'une longue robe qui ondulait au gré du courant d'air provoqué par la fenêtre ouverte qui donnait sur le splendide jardin du manoir. C'était la fin de la journée et l'écrasant soleil estival s'affaiblissait pour laisser place à une atmosphère fraiche et délicate. Richard n'était pas encore rentré du travail, probablement absorbé pas ses dernières recherches en date. La seule présence masculine de la maison était Winston, ce fidèle majordome qui semblait braver le temps avec une vitalité incroyable malgré son âge avancé. Amelia se dirigea vers sa chambre afin d'aller attacher ses cheveux et aérer sa nuque. En passant dans le couloir, elle appela sa fille d'une voix forte mais aimante.

- Lila, ma chérie ! Le professeur de géographie va bientôt arriver. Prépare donc tes livres !

Pas de réponse. Amelia s'immobilisa au milieu du couloir, guettant le moindre signe de la part de sa chère et tendre progéniture. Fronçant les sourcils, elle se rendit devant la porte et y frappa délicatement.

- Lila ?

Ne recevant toujours pas de réponse, la comtesse saisit la poignée et ouvrit la porte. Comme à chaque fois qu'elle entrait dans la chambre de sa fille, cette ambiance innocente et enfantine l'emplit d'une candeur agréable. Au milieu de la grande pièce se trouvait un lit à baldaquin ornée de peluches diverses et variées, une véritable foule de petites bestioles aussi douces qu'immobiles. Accoudée à sa fenêtre ouverte, la petite Lila, 9 ans, observait des enfants qui jouaient au ballon dans la cour de la maison voisine, sur laquelle donnait sa chambre. Trop absorbée par le spectacle qu'elle ne connaissait que trop peu, la fillette n'avait même pas entendu la voix de sa mère depuis le couloir. Amelia secoua la tête en soupirant et s'approcha d'elle. L'entourant de ses bras rassurants, elle s'assit à ses côtés.

- Pourquoi n'ai-je jamais le droit de jouer avec les autres enfants, mère ? demanda Lila en articulant chaque mot, comme son professeur de diction le lui avait appris.

La comtesse fut prise d'un petit rire amusé et passa une main dans la chevelure brune de sa fille.

- Voyons, Lila, je te l'ai déjà dit. Tu vaux bien mieux que cela, ma chérie. Tu n'as pas besoin de côtoyer ces enfants incultes et dissipés.

Lila s'écarta des bras de sa mère et se leva d'un bond, frappant de ses deux mains sur l'appui de fenêtre. Son regard était devenu révolté et menaçant.

- Et si j'en ai envie ? J'en ai marre d'être enfermée ici, comme un oeuf couvé par une poule.

La main d'Amelia partit d'une traite pour gifler sans retenue sa fille. Incrédule, cette dernière resta immobile, comme pétrifiée, ses mains posée sur sa joue. Elle ne comprenait même pas ce qu'elle avait pu dire de mal. Sa mère, d'un air plus sévère, reprit ses explications.

- Nous faisons de notre mieux pour t'offrir ce dont rêve tout enfant, Lila. Tu as une éducation parfaite, tu ne manques de rien, tu as des parents qui t'aiment. Tu as un immense potentiel, et tu te dois de l'exploiter autant que tu peux. Nous t'ouvrons les portes de la connaissance et du bien-être, alors ne fais pas l'entêtée à vouloir rester aussi ignorante et aveugle que ces gamins. Tu vaux bien mieux qu'eux, et tu ne pourras que m'en remercier plus tard. Ta destinée est bien plus grande que la leur, tu es la digne descendante des comtes d'Abbingdon, alors fais-leur honneur. N'oublie jamais cela, ma fille.

Son visage se radoucit et elle se rapprocha à nouveau de Lila, encore réticente et se tenant toujours la joue.

- Je crois en toi, de tout mon coeur. Je sais que tu accompliras de grandes choses pour ce monde. Je serai toujours à tes côtés pour te soutenir et éclairer ta voie. Tu es ce que j'ai de plus précieux au monde.

Elle déposa un tendre baiser sur le front de sa fille, ce qui eut pour effet de dissiper quelque peu les effets de la gifle. Amelia se releva et se dirigea vers la porte.

- Allez, prépare donc tes affaires, ton professeur sera là d'une minute à l'autre.

- Oui mère, répondit Lila.

Elle jeta un dernier regard mélancolique à ces enfants qui jouaient au ballon avant de fermer la fenêtre et de se diriger vers son bureau.

Quelques mois plus tard, sa mère disparut dans ce crash d'avion, en plein Himalaya. Seule Lila survécut, mais les valeurs que lui avait inculquées sa mère étaient restées ancrées au fond de son coeur. Privée à jamais de l'amour maternel, elle s'était résolue, dans le cas où elle survivrait, à respecter ces valeurs à la lettre afin de faire honneur à sa créatrice. Et ce fut en effet ce qui arriva. Les secours arrivèrent après quelques jours et trouvèrent la fillette en état de choc, blottie dans un débris d'avion et à moitié inconsciente. Après une pneumonie au cours de laquelle elle faillit y rester, elle repris le cours normal de sa vie. Sa mère n'était plus là, mais il demeurait au fond d'elle une partie d'Amelia qui ne disparaîtrait jamais.




* * *





A présent, devant cette cage cylindrique où se trouvait Claire, toute cette structure doctrinale bien scellée en elle semblait se disloquer. Chacun des propos de sa mère était remis en question, chaque valeur perdait de son sens. Valait-elle réellement mieux que les autres personnes, ou moins au contraire ? Les êtres humains étaient-ils si hargneux avec elle parce qu'ils l'enviaient, qu'ils étaient jaloux d'elle, ou plutôt parce qu'ils méprisaient cet être prétentieux et impitoyable ? Lorsque son regard se posa sur Claire, enfermée, elle crut revenir une vingtaine d'années en arrière, prostrée derrière les barreaux de la fenêtre, à regarder ces enfants avec qui elle aurait voulu jouer. Elle n'avait jamais quitté cette sensation d'être passée à côté de quelque chose, malgré tous ses efforts pour vivre pleinement et accomplir ce à quoi elle était destinée : la perfection. Ecarter le mot "échec" de son vocabulaire, tendre vers la plénitude de son être et exploiter la totalité de ses capacités en repoussant les limites. Mais tout cela avait un prix. Jamais elle n'aurait pu nouer une quelconque relation, jamais elle n'aurait connu les sentiments, l'amitié, l'amour, la haine, la confiance, la fidélité. Par-dessus tous ces sentiments manqués, un seul régnait en maître, son regard terrible posé sur la vie toute entière de Lila : le regret. Pourquoi maintenant, en cet instant crucial ? Pourquoi à cause de Claire ?

Lointaine, l'Anglaise ne sembla revenir à elle qu'une fois le discours final d'Alexis terminé et le silence revenu. Seule la respiration nerveuse de la Cheerleader retentissait dans l'absolue quiétude des lieux. Elle attendait, son sort reposant entre les mains de Cruz. Peut-être sa mère avait-elle tort après tout, et c'est bien la pensée que Lila se décida à adopter. Seulement, il était trop tard pour faire demi-tour, les conséquences en seraient plus que désastreuses. Peu importe qu'elle eût merdé ou non, elle avait fait un choix et se devait de le respecter jusqu'au bout. Sa dernière mission échouée lui avait laissé un sentiment d'amertume trop profond pour qu'elle daignât tenter de réitérer l'expérience. Ses valeurs -ou plutôt celles de sa mère- lui interdisaient de faire un pas de plus en dehors de ce chemin tout bien tracé la conduisant à la perfection. Perfection physique, perfection mentale, perfection de son don. Encore et toujours de la perfection. Mais n'était-ce pas tout simplement un putain de concept absurde créé par l'homme dans le but de se donner une raison de vivre ? Ne valait-il pas mieux accepter son imperfection plutôt que de vivre dans l'illusion d'une utopie enivrante ? Pourquoi l'être humain se tournerait-il vers les autres si ce n'était pas là le seul moyen de survivre ? Qui, au final, se sera vanté d'avoir vécu sa vie comme il le souhaitait alors qu'il était resté seul, sans attache ? L'homme est ancré dans l'écosystème, et dans se sens voué à l'interdépendance avec autrui, avec son environnement, avec les forces de la nature. Sans Peter Petrelli, elle ne serait probablement pas présente à cet instant précis. Elle aurait péri comme un vulgaire animal et sa charogne aurait fini en repas pour les rats. Pourquoi lui et sa nièce se donnaient-ils tant de mal pour croire en elle ? Et surtout, pourquoi cela l'affectait-il autant ?

La parfaite et terrible Lila Cruz, celle que tous craignaient et dont le nom faisait trembler les mains et claquer les dents, ne serait donc qu'un être humain ? Ce don ne la différenciait pas davantage qu'une personne dite "ordinaire" : elle avait la même apparence, le même type de fonctionnement biologique, les mêmes pensées, et apparemment -chose plus effrayante que jamais- les mêmes sentiments. Sans pouvoir l'expliquer, elle ne se sentait plus du tout supérieure, bien au contraire. Elle avait encore tant de choses essentielles à apprendre, que même cet individu sombre et incernable d'Alexis Kane ignorait. Il se contentait de sa propre réalité, et cela semblait lui convenir, mais elle savait pertinemment qu'il n'était pas mieux que n'importe quel illuminé (le comble) désirant plus que tout parvenir à ses fins. Ce changement de point de vue était un véritable choc pour Lila. Mais elle ne pouvais pas le laisser paraître, malgré son état intérieur. Elle devait se concentrer et terminer sa tâche, ce après quoi elle pourrait éventuellement réfléchir, si du moins on lui en laissait le temps.

Elle s'approcha donc davantage de la cage et posa chacune de ses mains à plat sur un barreau. Sans qu'il n'y eût une quelconque explication à ce geste, Claire en fit autant et l'extrémité de leurs doigts se touchèrent. Cela rappela à l'Anglaise l'avant-veille, lorsqu'elle lui avait sauvé la vie en lui faisant don de son sang. Cette fois-ci, c'était Cruz aux commandes, et ce n'était pas pour sauver son amie, mais pour la trahir définitivement. Une larme s'écoula sur la joue de poupée de porcelaine de la jeune Bennet. Elle resta silencieuse, fixant Lila d'un air désespéré, le regard de quelqu'un qui attend le verdict de son procès, déjà prêt à rejoindre la potence.
L'Anglaise ferma les yeux et se concentra. *Allons-y*
Ce fut alors que Claire se mit à réellement paniquer, se rendant compte de la gravité de la situation... ou plutôt de sa situation. Ses mains se mirent à trembler, de même que sa voix.


- Non Lila, tu ne peux pas faire ça. Je t'en prie ! Je ne veux pas rester avec ce monstre, ne m'abandonne pas !

Lila ne faisait que percevoir les sons et les tremblements des mains de Claire, plongée dans sa concentration et son désarroi. Son pouvoir faisait irruption tel un orage menaçant, dont le tonnère annonçait une tempête imminente. Elle commença à ressentir des mouvements dans la cage. Réduire des molécules à la structure aussi terriblement solide serait un défi éprouvant, mais pas insurmontable. Cela demandait juste une quantité d'efforts que Lila espéra avoir. Elle en était capable, elle s'était suffisamment entraînée avec acharnement. Elle serra les dents pour redoubler ses efforts. Elle sentit les barreaux du réceptacle cylindrique sous ses doigts. Claire s'était mise à crier, mais étrangement sa voix semblait à la fois s'affaiblir. Le processus avait commencé.

- Lila, arrête ! Par pitié, tu vaux mieux que ça ! Tu ne réalises pas ce que tu es en train de faire, ou quoi ? Tu vas tous nous condamner, tu le sais !

Au fur et à mesure que la cage rapetissait, les supplications de la cheerleader se transformaient très lentement en plaintes de plus en plus faibles, comme si elles s'éloignaient. Suivant le mouvement du cylindre, Lila baissa les mains, puis dut se mettre à genoux. Une douleur vive zébra son cerveau, comme si l'éclair annoncé par les nuages menaçants venait de frapper. Un très fin filet de sang s'échappa de sa narine droite et vint se heurter à sa lèvre. Elle ne céda pas et continua à réduire la cage, ainsi que la jeune femme blonde qui s'y trouvait. L'épreuve semblait interminable, les secondes paraissaient se transformer en minutes, et les minutes en heures. Jamais Lila n'aurait cru la tâche aussi pénible. Mais finalement, au prix d'une patience démesurée et d'efforts prononcés, la manipulation arrivait à son terme. Les mains de l'Anglaise s'étaient désormais rejointes, comme posées autour d'une coupe de vin que le prêtre levait vers l'assemblée avant de célébrer le sang du Christ. Claire ne faisait plus qu'une dizaine de centimètres, et son réceptacle pas beaucoup plus. Ce serait suffisant.

Relacher l'effort provoqua une souffrance insupportable au cerveau de Lila. Cette dernière se releva en vascillant, fouilla rapidement dans son sac et en sortit non pas un mouchoir, mais cinq. Tournant le dos à Alexis, elle les plaqua contre son visage, attendant qu'ils absorbent le sang écoulé de son nez. Mais ce n'était pas seulement pour le sang qu'elle dissimulait son visage.
Elle pleurait.
Silencieusement, elle laissait les chaudes larmes jaillir de ses yeux de manière incontrôlable. La douleur n'était pas seulement physique et elle avait du mal à tenir le coup. Pour la première fois depuis le crash et la disparition de sa mère, Lila Cruz pleurait. Elle attendit encore quelques instants, à genoux, sans bouger. Peu à peu, les larmes disparurent. Elle termina de les essuyer discrètement avant de se relever et de remballer ses mouchoirs humides et tachés de sang. Une fois ses yeux secs et moins rouges, elle eut enfin le courage de se tourner vers Kane. Le ténébreux n'avait pas bougé, silencieux comme elle le lui avait quasiment ordonné. L'Anglaise remit le masque froid et impitoyable qui n'avait désormais plus aucun sens avant de s'adresser à son interlocuteur.


- Mission accomplie, dit-elle avec une neutralité absolue.

Elle ramassa la cage où se trouvait Claire à deux doigts et la présenta devant le visage de Kane. Ses deux yeux sombres comme le néant la fixèrent.
La scène peinte par Peter Petrelli sur le premier tableau prémonitoire venait d'avoir lieu.
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Alexis Kane
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MessageSujet: Re: Duality   Dim 25 Juil - 6:15

(Ce post va conclure la présence de Alexis dans le sujet, libre à toi d'y répondre si tu veux. Si jamais t'as des questions Kev, ma boite de mp t'attend!)

L'univers est un tout cosmique qui nous enveloppe dans son étreinte depuis le début des temps. Ce monde abstrait et sans limites est habité par une force invisible que l'on nomme la gravité. Le pouvoir de tout contrôler, de retenir en captivité ou de relâcher en liberté, cette sensation de puissance une fois au sommet, si exhaltante, si rafraichissante. Le pouvoir d'imaginer, le pouvoir de penser, le pouvoir de créer, l'origine de l'existence, l'origine de tout les rêves. Les origines, les conceptions de départ, la base de toutes les pyramides, le ciel à l'infini. Entité spaciale se dégageant sur un espace important, on ne peut dire ce que le ciel représente comme entité juste et précise. Illuminé et sombre, soleil et lune, nuages et étoiles, le jour et la nuit, la balance parfaite. Pourquoi avoir créer un symbôle d'équilibre qui est hors d'atteinte? Pourquoi avoir tracer les lignes de l'espoir perdu tout juste au-dessus de nos sens? Pourquoi une telle injustice du destin? Pour préserver la tristesse de nos pires dessins? L'oubli, il aidait à oublier cette affreuse mais véritable vérité. Oublier le jour étincellant, oublier la nuit ténébreuse, oublier qu'ils sont issus de la même source, de la même origine, du même rêve. L'oubli les sépare, l'oubli détruit cette équilibre et fait régner une incertitude chaotique presque comfortable pour les plus faibles. Le bonheur de toutes ombres, l'oubli du jour est la naissance de la nuit. Peinture noire de notre nature, un rejet de notre environnement d'origine, la nuit est le comfort de tout les rejets, la pénombre des secrets, la justesse de nos regrets. Elle nous recouvre, elle nous réconforte, nous fait oublier, rejetter, et dans ses cauchemars, elle nous sourit. Un sourire pâle et sans éclat, un sourire qu'une seule personne peut remarquer d'un oeil différent. Une simple fracture dans la toile, et seul lui sait comment en faire une partie du monde, une partie du jeu...

La considération présente faisait rappeler à Alexis que son prochain terrain de jeu serait des plus expérimental. Une liberté absolue, un accès à tout les territoires, à toutes les cultures, aucunes frontières entre les souvenirs, une seule mémoire, une seule réalité. Pourquoi? Pourquoi tant d'envergure pour une affirmation aussi simple? Pourquoi rajouter la difficulté à la facilité? Pourquoi se créer un obstacle alors que la chasse elle-même en sera débordée? Est-ce que Alexis Kane se réfugiait dans des tendances suicidaires? Souffrir pour le triomphe ou survivre pour la défaite? Le jeu en valait-il nécessairement la chandelle? Chandelle qui s'éffrite, flamme qui vascille, tout s'effondre, tout revit, tout se préserve, tout se perd, mais il y reste, résistant et dément. Le jeu est passé, tout est déplacé, accompli et réfléchi. Ce jeu, cet amusement qui n'a rien d'amusant, ce spectacle qu'il conçoit de toutes pièces, on ne peut s'y amuser et encore moins lui-même. Comment pourrait-il en tirer plaisir d'une telle leçon transmise des siècles en retard? Il ne fait que reprendre le temps perdu, gaspillé, et oublié au fil du temps. Elle reposait entre ses mains, le sort de la vérité, sa destinée, son épopée, sa déviation, sa conclusion, seul lui, l'unique maitre des ténèbres et de la nuit, pouvait avoir la décision de la servir ou de la dévorer dans son ombre, emportant son terrible secret avec lui. Le jeu n'était pas pour agir par égoisme mais par reconaissance pour la pauvreté intellectuelle de la civilization. Le service était rendu pour l'humanité uniquement et aucuns remerciements ne lui seraient faits. Pour lui exprimer sa gratitude, on le poursuivrait sans relâches jusqu'à ce que le noir se perd, s'évapore, s'oublit. La seule constance qui fut ignorée, c'est le terrain, l'environnement. Alexis Kane y sera plongé, totalement, en permanence, difficile de le contrer dans ce genre de conditions...

Une puissance à son propre sommet, une étonnante démonstration que Lila Cruz servait au ténébreux. Sa proximité avec la cage révélait qu'elle était préparée à remplir sa part, à répondre par honneur et fidélité à ses engagements. Le temps venu, est-ce que Alexis en ferait autant? Dans l'absolu, on pouvait répondre par l'affirmative. Bien que la loyauté ne soit pas une de ses valeurs favorites, il prônait par la vérité et respecterait sans broncher sa propre parole. La capacité acérée de concentration de la jeune femme avait de quoi faire frémir quelconque être ne réalisant pas l'ampleur d'un exploit comme tel mais aucune impression ou étonnement habitait le visage neutre d'hiver du ténébreux. C'était parfaitement à quoi il s'attendait et il aurait été déçu de devoir se contenter de moindre qualité. La qualité, le monument de métal était symbôle de ce terme. À vrai dire, Alexis ignorait comment Edmond l'avait assemblé et cela ne l'intéressait guère, bien qu'il en était malgré tout légèrement intrigué, comme Lila sans doutes. Le regard perdu dans la stabilité, il voyait bien que le processus était en période de déroulement. Le cylindre, peu à peu, à son rythme, suivait une réduction relativement significative de sa taille initiale. À chaque seconde, à chaque respiration, à chaque battement de coeur, le ténébreux sentait la contraction de l'acier envahissant ses sens, criant sa douleur et sa souffrance. Au bout de quelques secondes paraissant des minutes et des minutes paraissant en heures, la poussière retomba, le doute s'était levé, la certitude s'était déposée. C'est en décroisant ses bras que le ténébreux acceuillait avec différence le résultat...

L'instant suivant, Lila était de dos à se couvrir le visage d'un étrange tissu blanc qu'on appelait, dans le commun des mortels, des mouchoirs. Un effet secondaire physique? Un défoulement sanguinaire innatendu? C'était d'une logique respectable, vu l'effort demandé de la situation et comme pour tout le reste, Alexis s'en moquait et en restait neutralement si bien réagi, fidèle à son abondance d'émotions dans les moments les plus touchants pour un être humain. Perçant, solide, son regard détaillait Lila non pas dans un questionnement mais une absence de considération pour sa personne ayant souffert durant l'opération rejoignant le mécanisme d'un plan horriblement machiavélique, voir fou pour certains. Suite à une attente sans début et sans fins, elle se retourna et présenta de sa main la prison réduite de l'indestructible blonde. Ne faisant qu'hocher avec légèreté la tête, Alexis attrapa le petit objet dans la paume de sa main gantée et analysa l'objet dans tout ses angles, toutes ses positions...


La réussite de cette campagne n'en serait pas plus éclatante si cette étape avait été oubliée. Les exigences répondues, le but visé, voici qui m'aidera à rendre la vie des autres d'une incroyable difficulté. Les loups sont déjà à nos trousses et ils meurent d'envie de nous planter leurs crocs au creux de nos âmes à la dérive. Il est dommage pour eux que l'avance possédée y est toujours. Chanceuse dans votre malchance, ne possédant aucuns discours interminables pour vous retenir, je vous invite seulement, vous et quelques instants de plus de votre patience, à attentivement écouter les simples paroles habitant encore le restant de mes cordes vocales.

La main devenait envahissante, creuse et noire. Autour de la cage rétrécie, elle devenait une nouvelle prison, une chaîne supplémentaire à la liberté de Claire Bennett. La crevasse sombre se creusait de plus en plus dans la main, ouvrant la frontière vers un mondre de ténèbres sans structures, sans repaires, sans destinations, sans routes, sans détours, une chaotique assemblée pourtant parfaitement ordonnée dans son désordre. Le tout l'élevait, la masse d'ombres se traçait en hauteur pour envelopper de ses douces griffes l'emprisonnement de la jeune cheerleader. Le pouvoir de Alexis fonctionnait à sa guise, comme une entité séparée de son nid, de ses propres ailes, elle volait vers la réussite absolue. Toute cette beauté obscure et incomprise s'évapora en un claquement de vent, le dôme de ténèbres s'était fracturé vers son origine, emportant avec lui la captive dans un infini de noire pénombre. Questionnement pertinent, où était donc la jeune femme à la chevelure dorée? Condamnée à errer dans les pas d'un monstre sans crocs et sans griffes elle se résignait à sa propre défaite, sans espoir, seul désespoir, maitresse de sa propre tristesse. Qu'en pensait l'ombre elle-même? Comme si l'opinion d'un salut mondial avait maintenant la moindre importance à ses yeux. Oui, elle ferait partie de ce monde, de ce jeu qui deviendrait celui de Alexis dans les très prochains jours à suivre. Ce n'était que le début, et il n'avait guère débuter. Un prélude dirait-on en littérature...

Replongeant ses mains dans les poches de son élégant manteau aux reflets de ses propres perceptions, Alexis se permit de se retourne pour faire quelques pas dans un sens qui n'avait aucune importance. Cherchait-il à tuer le temps qui lui était maintenant de plus en plus précieux, précis et calculé? Aucunement. Il offrait un simple répit à la forcenée avant de se prononcer sur les derniers détails la concernant. Il en avait pas fini avec elle et éventuellement, la question de la rénumération referait surface, surement le pire de ses soucis en ce moment. C'était un sacrifice nécessaire, dommage collatéral des décisions anciennement prises. Telle une mélodie chantant les louanges de la mort, la voix du ténébreux résonnait dans tout les environs, douce mais lourde, lente mais froide...


La croisée des chemins nous retrouvent ici. Je me sépare de votre personne jusqu'à le moment soit propice à de nouvelles retrouvailles pour régler le dernier détail de l'association professionelle, à moins que les obstacles en route nous obligent à forcer le changement des opérations, ce que je ne souhaite aucunement. L'ordre respecté, plus efficace que le chaos bouleversé vous en conviendrez. Le contact pour le futur ne sera pas une problématique qui me sera impossible de m'accomoder. Dans les impressions du premier coup d'oeil, mon réseau de contacts sociaux semble limité et votre raisonnement se voit très juste. Mais tout se règle, tout se trouve, tout se résoud. Vos actions à partir de notre séparation ne m'intéressent aucunement et le réciproque est tout aussi justifié. M'évaporer dans les ténèbres, suivre ma voie, tracer mon propre chemin, laisser un signe pour votre personne je ferai. Ce sera le coup d'éclat, le premier de ce jeu, le premier qui vous sonnera l'alarme de la fin alors que le début ne fait que dérouler ses intentions. Votre implication dans l'épopée serait une alternative intéressante considérant vos antécédents mais le choix, ce problème de choisir, de réfléchir, il ne vous revient qu'à vous. Votre implication est débutée du bon camp, ce serait dommage de perdre un pion de la planche au cours de la partie. Pour ce qui est de la captive, vous ne saurez jamais précisément où elle se trouve, raison de sécurité et de prévention en cas d'échecs qui n'arrivera pas. Vous comprenez déjà celà. Le futur se dessine, Lila, les prévisions se tracent et nous sommes ceux qui possèdent le pinceau de ces temps à venir. L'usage que vous en ferez sera le meilleur pour votre personne, pour vos valeurs, pour votre vérité.

Pour la première fois depuis leur rencontre, on pourrait qualifier l'acte de Alexis d'étirer les lèvres comme un miniscule semblant de sourire de satisfaction, si minime qu'on a à peine la possibilité de la différencier de sa normale neutralité. Pivotant avec agilité sur lui-même, il plongea ses mains derrière lui dans le bas de son dos et fit sa démarche vers le lointain horizon. Les premiers mots de l'histoire s'écrivaient, tel le sang d'un innocent décorant le sol macabre de sa mort. Sa confiance et son assurance atteignaient des points si élevés qu'il ne pouvait croire à la défaite et pourtant, il savait que cela pouvait être une alternative à ses chemins. Pourtant, il ne s'en faisait aucunement. La capacité d'anticipation de Alexis semblait plus alerte que jamais, mêms si lui aussi, n'était pas à l'abris des surprises. Toutefois, et ce, depuis le début, il conservait son avantage le plus important: aucuns êtres vivants sur Terre, ou presque, savaient avec exactitude ce qu'il prévoyait de faire. Tant de mensonges et de fausses pistes alors que tout est si simple pour un semblant de vérité, quel gâchis. Peu à peu, le corps du ténébreux disparaissait, devenant lui-même cette pénombre d'environnement dans laquelle il se plongeait. L'ombre se fondait et se faufilait, cherchant à faire son chemin vers la fin des temps. Où pouvait-il bien se diriger? Seul son esprit en avait conaissance...
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MessageSujet: Re: Duality   Dim 1 Aoû - 21:53

Elle était en apnée.
Sa respiration bloquée, elle baignait dans une eau sombre et glaciale, incapable de trouver la surface afin d'y remonter à vifs coups de jambes. Il n'y avait plus de haut ni de bas, de sol ou de ciel, juste cet environnement étouffant qui l'enveloppait de son drap trempé. L'oxygène commençait à lui manquer, elle sentait ses poumons se comprimer, comme s'il n'allaient pas tarder à imploser dans sa poitrine, tranchant tout son corps d'une vive douleur avant de la laisser sombrer dans cette abysse infernale, où le néant régnait en maître, où les sons demeuraient inspides et les odeurs silencieuses. Où tout concept perdait son sens et que l'existence devenait accessoire. Un trou béant dans lequel on ne cessait de chuter, tentant désespérément de trouver quelque chose pour s'accrcocher. Voilà ce qu'était devenu ce masque artificiel qui avait crée une créature aussi puissante et imperturbable que Lila. Désormais, il l'étouffait, elle n'y voyait plus d'orifice pour respirer ou voir la lumière du jour. Elle avait envie d'exploser, brisant cette épaisse couche opaque qui l'emprisonnait. Les dernières minutes en la présence d'Alexis Kane étaient devenues un vrai supplice, alors qu'elle tentait, usant de ses dernières forces, de paraître celle qu'elle avait toujours été. Mais cette personne, ce rôle qu'elle jouait, semblait s'éloigner de plus en plus d'elle, devenant inaccessible, lointain, comme une énigme qui, au lieu de gagner en signification, la perdait progressivement. Comme une maladie dégénérative, une démence qui vous sépare à jamais de votre raison, sans que vous ne puissiez rien y faire.

La petite cage cylindrique devant ses yeux sombres, Alexis acquiesca silencieusement en s'emparant de l'objet avant de l'analyser sous tous ses angles. Lila eut du mal à lâcher Claire, dont les cris n'étaient plus qu'un minuscule murmure lointain. Kane enveloppa le réceptacle d'un voile sombre sorti tout droit de sa main et la Cheerleader ne fut plus qu'un souvenir dans la mémoire bouleversée de l'Anglaise, comme un fantôme qui errait sans but dans son esprit. Que pensait-elle, en cet instant ? Sa terreur avait-elle des limites ? Comment réagir, dans une situation aussi désespérée ? Lila tenta de chasser ses pensées sans utilité de son esprit. Les cartes avaient été jouées, il était trop tard pour tricher ou pour changer la mise. Elle devait empocher sa part du marché et repartir, car telles étaient les règles du jeu. Elle avait le sentiment désagréable que si, un jour, elle recroiserait le chemin d'Alexis, elle n'arriverait plus à se contrôler. Cela devenait extrêmement dangereux. Il fallait qu'elle s'éloigne de lui, de Claire, aussi vite que possible, et qu'elle ne les revoie plus jamais. Elle aurait tout le temps de réfléchir à ce qu'elle allait bien pouvoir faire de sa vie, une fois cet événement bouleversant terminé. Kane replongea les mains dans ses poches et se mit à faire les cent pas en prononçant son ultime discours, celui au terme duquel il prendrait congé de Lila. Celle-ci, fermée, l'écoutait parler, véritable carcasse immobile dans laquelle bouillonnait un être incontrôlable qui cognait dans tous les sens. Elle n'était plus lucide, plus attentive à son environnement, vulnérable sous des airs d'invincible.

Le ténébreux annonçait avec une certaine prestante l'enclenchement de son processus diabolique. Sa machine infernale s'était mise en route, et il semblait avoir pris les dispositions nécessaires afin qu'aucun grain de sable ne vienne s'incruster dans les rouages. Lila dissimula deux poings tremblants dans son dos lorsqu'Alexis l'informa qu'elle ne serait pas tenue au courant de la suite de son projet, ni même de l'avenir incertain de Claire. Même si elle l'avait voulu, elle n'aurait plus rien pu faire. Elle perdait le contrôle de la situation, ce qui ne lui était jamais arrivé auparavant. Comment agir pour se délier de ses chaînes ? Quelle était cette sensation dont on ne pouvait se dépêtrer, comme des sables mouvants dans lesquels on ne peut que prier, où la lumière du jour ne sera plus bientôt qu'un lointain souvenir alors qu'un monde de ténèbres s'ouvre à nous, nous privant de nos mouvements, de notre pensée, de notre parole ?

Lentement, et de manière à peine perceptible, Alexis étira un très léger sourire qui glaça le sang de l'Anglaise. Ce dernier disparut aussi mystérieusement qu'il était apparu, dernier signe adressé à Cruz avant son départ. Il se tourna et, les mains croisées dans le dos, marcha jusqu'à se fondre dans l'obscurité et disparaître. Lila attendit plusieurs minutes, petrifiée, comme si le temps s'était arrêté de tourner pour elle.

Une fois certaine que la ruelle était redevenue déserte, qu'elle était seule et loin du ténébreux, elle se laissa tomber à genoux et hurla de toutes ses forces. Son cri déchira la nuit, un cri de rage, de confusion, de désespoir. Y mettant tout son être, elle tambourina le bitume avec une hargne impressionnante. Des larmes coulaient à flots sur ses joues, les rayant d'un mascarat sombre et discret. Ses cheveux tombaient en masse sur son visage, le cachant, comme si elle avait honte, honte de son attitude. Mais elle ne pouvait plus contenir cette envie d'exploser. Elle se releva, et dans un geste de colère, frappa dans le camion. Pendant un quart de seconde, juste le temps de l'impact de sa main sur le véhicule, son poing devint une masse charnelle plus grande que sa propre taille, un poing démesuré qui démolit littéralement la tôle du fourgon, le déformant comme une vulgaire caisse de carton. Voilà de quoi était réellement capable Lila, voilà l'objet véritable de son entraînement. Et à quoi lui avait-il servi ? A cracher lamentablement son échec. Car pouvait-on qualifier l'accomplissement de cette mission de victoire pour la jeune femme ? Aucunement. Au diable les convictions stupides inculquées par cette garde d'Amelia. Elle avait désormais pris conscience du fait qu'elle avait échoué comme jamais. Quelle attitude pitoyable, comme il était facile de se laisser aller, de laisser son humanité éclater au grand jour. Mais qu'allait elle faire, maintenant ? Rentrer et boire ? S'entraîner avec acharnement sans savoir à quoi cela lui servirait ? Attendre un signe de ce putain de destin ? Aucune réponse, juste le silence. Elle passa sa main dans son cou et sortit le pendentif en forme d'espadon qu'elle n'avait pas quité depuis son dernier jour à Miami. Le silence, et le cri des corbeaux. Il fallait qu'elle rentre à l'appart, qu'elle ferme à clé derrière elle et qu'elle prenne une décision. Elle arrivait à un embranchement de sa vie où elle seule devrait choisir quelle voie emprunter.
La vraie bataille ne faisait que commencer.
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